24/08/2011

2.8 Autoritarisme et anarchie

Lamensch Ph., Claude Duneton: Curieuse langue ..., Télémoustique, s.d., pp 8-12

 

(p.10) Duneton :

“Il est de bon ton de louanger l’Académie, les manuels ne s’en privent pas mais c’est incroyable.  Pensez donc : cette Académie s’est créée dans des conditions politiques extrêmement douteuses, tout à fait antidémocratiques ... Lorsqu’on louange l’Académie et Richelieu, son fondateur, c’est un peu comme si Hitler avait fondé un Ministère de la Culture et de la Censure, qu’il avait gagné dans l’Europe entière et que 300 ans plus tard, les manuels d’histoire écrivaient “Aah!” quand même, cet Hitler, quel grand homme!”.  C’est exactement la même situation.  Bon, l’Académie a donc fixé les règles de la langue française, et c’est ainsi qu’au XVIIIe siècle, le français est devenu une langue très pure - c’ est à dire très épurée - très internationale, une langue de prestige, quoi, dont le seul défaut était de ne pas être parlée par le peuple de France!”

 

(p. 12) “L’anglais est bien la langue que parle la nation anglaise (pas britannique), tandis que le français n’ est pas la langue de la nation française.”

 

 

Maury Pierre, Les opposants ... et les Belges!, LS 07/12/1990

 

Jean Molino, prof. à la fac. des lettres de Lausanne:

"La France serait-elle la seule propriétaire de la langue française?"

 

 

O.M., Une féminisation peu souhaitable, LB 15/02/1994

 

Selon l'Académie française, la réforme belge risque de jeter la confusion.  Le 13/12/93, le "Moniteur Belge" publiait l'arrêté du gouvernement de la Communauté française relatif à la féminisation des noms de métiers, fonction, grade et titre dans les documents émanant du secteur public.

 

 

Goosse A., Féminisation: il faut raison garder, LB 09/03/1994

 

"Il y a dans tout usager du français un conservateur qui sommeille et qui, non content de refuser ce à quoi il n'est pas habitué (ce qui et son droit), prétend donner à son refus, des fondements objectifs, surtout esthétiques."

 

 

Maury P., L'Académie répond à l'Académie, LS 18/02/1994

 

"L'Académie française elle-même a introduit dans son dictionnaire, en 1932-1935, plusieurs dizaines de féminins nouveaux, dont certains d'abord été critiqués."

 

 

Van Rompay Frans, Quand Druon militarise le français, LS, 11/10/1994

 

« Au cours d’une émission télévisée, en mars 1993, Mme Rey-Debove, du dictionnaire Robert, déclarait que ses compatriotes ont toujours eu des rapports quasi ‘hystériques’ avec leur langue. 

Peut-on en douter quand l’ histoire de la langue foisonne d’exemples: les réfections savantes sur le latin classique, au XVIe siècle; la naissance du pouvoir discrétionnaire de l’Académie française, au XVIIe siècle; ...; un gouvernement républicain et démocratique qui joue les lexicographes dictatoriaux, au XXe siècle; la sacralisation d’ une orthographe obsolète et élitiste, emblème d’ un prestige creux et garante de la perennité des carcans linguistiques au XXIe siècle et au-delà; la conviction profonde que toutes les langues doivent allégeance à la langue française, quel que soit le siècle envisagé ... »

 

« La langue française doit-elle vraiment être la seule langue sous tutelle au monde? »

 

« Croire que le français est la plus belle au monde, c’est faire preuve de chauvinisme (de bon aloi, parce que inévitable: on ne peut trouver beau que ce que l’ on ne connaît pas); s’ enorgueillir de l’ influence que cette langue exerce sur les autres langues, mais estimer par ailleurs qu’ elle ne peut s’ abaisser à subir la leur, c’ est faire preuve d’ arrogance et étalage de sa supériorité. »

 

Dans ‘Figaro Magazine’ du 26 juin dernier, M. Maurice Druon, secrétaire permanent de l’ Académie française, faisait parâtre un article surprenant.  Il y emprunte, de son propre aveu, la terminologie militaire pour traiter de la situation de la langue française.  Vraisemblablement, M. Druon considère la langue française comme un instrument de guerre au service de la puissance politique, économique ... de la France: « Elle (la France) ne restera à la hauteur de l’ histoire que si elle continue de disposer d’ une dissuasion nucléaire planétaire suffisante, c’ est-à-dire sans cesse au point; et que si sa langue demeure une langue universelle. »  

 

« Dans un tel contexte, les conjectures et les extrapolations menacent.  Par ses prises de position, M. Druon, le théoricien, a pris le risque d’ accréditer certains arguments avancés par des analystes qui tentent de voir clair dans les motivations profondes de la pernicieuse politique française au Rwanda. Il se trouve soudainement et malgré lui en prise directe sur la réalité tragique du jour. Une théorie, fût-elle d’ Académie, peut, lorsqu’ elle tombe entre des mains irresponsables, conduire aux pires excès sur le terrain.  C’est ainsi que Mme Colette Braeckman (‘Le Soir’ du 25.6.94) se refuse à l’idée que la défense de la francophonie contre les Tutsis anglicisés en Ouganda puisse coïncider avec la protection d’un régime digne des nazis. » 

 

 

C.D.B., André Goosse: dites Eurolande, AL 08/01/1999

 

André Goosse, secrétaire perpétuel de l’Académie de littérature et de langue française recommande l’usage d’Eurolande et de centime.

On dit bien Irlande, Hollande, Zélande.  “Il n’y a qu’une exception: Groenland que nos amis français appellent Gro-enland”.”

 

- Avez-vous été consulté par l’Académie française?

- L’Académie française ne consulte personne; elle décide.

 

 

ZIZANIE / C.D.B., Euroland ou Eurolande?, AL 08/01/1999

 

Pour le linguiste Maurice Gillet, responsable du Dictionnaire étymologique de la langue française, c’est le mot même qu’il faut bannir, avec ou sans e. “Euroland n’est pas absurde, mais c’est un anglicisme ou un germanisme.  Quant à son emploi avec un ‘e’, c’est doublement absurde, d’abord parce qu’on devrait dire lande euro, mais surtout parce que le mot français lande a divergé depuis très longs de son équivalent anglais ou allemand pour prendre un tout autre sens.”

19:06 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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