24/08/2011

3.4 Une orthographe lamentable / 3.4.1 Fautes chez de bons écrivains: Lamartine, Huysmans, Chateaubriand, ...

Hella André, Des fautes chez les grands écrivains, VA 11/02/1974

 

Les plus grands noms de la littérature ne sont pas à l’abri des fautes contre la grammaire et même contre l’orthographe.

Le plus souvent, ce sont les conjugaisons de verbes irréguliers, particulièrement celles de vêtir, départir, luire, poindre et saillir.

(Delille, « Paradis perdu ») « De leurs molles toisons, les brbis se vêtissent » ; « Les sauvages vivaient et se vêtissaient du produit de leurs chasses » (Chateaubriand – Mémoires d’Outretombe), « Voilà la place vide où ma mère à toute heure, vêtissait l’indigence ou nourrissait la faim. » (Lamartine – Milly).

Asseoir : « Il faut que je m’asseois » (Jules Romains – Lucienne).

Roger Martin du Gard (Les Thibault) : « Cette assurance satisfaite dont il ne se départissait jamais. »

Poindre : plus connu à des temps conjugués. On dit : Je poignais, je poignis, poignant, mais qui se sert de poindre et même de son participe passé point. Il n'est pas étonnant dès lors qu'on lise ou, surtout, entende un monstre grammatical tel que "poigner", même sous la plume d'écrivains renommés . " Une effroyable terreur poigna des Esseintes  (J.-K. Huysmans - A Rebours) :  Les poitrines ne respiraient plus, poignées d'angoisse " (Estaunié - Un Simple) Ce pataquès, nous l’avons retrouvé maintes fois chez Alphonse Daudet. Précisons que cet étrange infinitif, que très peu de francophones connaissent signifie littéralement piquer et, par contamination, blesser. faire mal, qui est son acceptation la plus courante. Autre sens encore, et tout différent : pointer, apparaître. Ainsi dans « Nous avons vu poindre les premiers rayons du soleil ".

Saillir a des conjugaisons qui varient selon ses deux significatiins. La première est jaillir, la seconde, être en saillie. Dans le premier cas, i1 se conjugue comme finir, dans le second conme sortir.

La confusion est fréquente, même chez un ecriv'ain de haut rang comme Flaubert. qui était, de plus un travailleur méticuleux :  « Leurs nez bleuâtres saillissaient entre leurs joues creuses. fendillées par des rides profondes . (Salamimbo).(sic)

Des barbarismes très divers se rencontrent chez d'autres grands noms François Mauriac écrit l'allée gravée,  pour gravelée, dans Le Mystère Frontenac. Alphonse Daudet qui, décidemnent, paraît une cible idéale pour le crayon rouge du pion, a conmmis des négligences aussi lourdes que  « Dans ce frénétisme de vivats » pour frénésie (dans L'Immortel) et « Elle tombe à genou sur un prie-Dieu. et s'y prostre ", pour s'y prosterne dans L’Immortel également).

Des erreurs de conjugalnon telles que « il résoud » (pour résout) ou « résolva » (pour résolut)  sont moins rares qu'on ne pense, de même un très mauvais emploi des majuscules et des tirets.

A l'heure actuelle, les maisons d’éditions possèdent leurs lecteurs.

 

Qui sont généralement eux-mêmes des écrivains de qualité, ainsi que leurs correcteurs, qui sont des grammairiens vétilleux.

18:53 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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